Jean-Noël Delettre
Contemporary Figurative Artist
Entre ciel et terre
« Entre ciel et terre, peindre le ciel me conduit à rendre l’immatérialité de l’air. Peindre le ciel, c’est accepter l’instant unique, accueillir l’impermanence. Cette pratique me mène à la frontière du visible et de l’invisible lorsque la terre et le ciel se confondent. La ligne d’horizon devient alors un seuil où chacun peut déposer sa mémoire, comme un déjà -vu. Mon travail cherche à partager un espace sensible où la matière picturale laisse affleurer la lumière singulière d’un souvenir. » Jean-Noël Delettre
« Entre ciel et terre
D’une manière presque imperceptible, la peinture de paysage de Jean-Noël Delettre se tient toujours dans un intervalle. Un entre-deux. Un lieu qui n’appartient ni entièrement au ciel, ni totalement à la terre. Entre ciel et terre est précisément cet espace de tension et de réconciliation, où la matière picturale devient pensée, et où le regard est invité à habiter la transition.
La ligne d’horizon n’est pas ici une simple donnée géographique ; elle est un seuil. Elle est le juste milieu, cet endroit fragile et décisif où le haut et le bas se reconnaissent sans se confondre. Là où l’élan vertical du ciel rencontre la pesanteur horizontale de la terre. Là où tout devient possible : l’énergie et la quiétude, le mouvement et le repos, l’abandon et la tenue.
Ces paysages figuratifs, peints à l’huile, s’ouvrent pourtant sur des aplats purement abstraits. Comme si la représentation devait, à un moment donné, se taire pour laisser place à l’indicible. L’abstraction n’annule pas le paysage ; elle le prolonge. Elle agit comme une respiration, une suspension du sens, un champ vibratoire où la couleur n’imite plus, mais révèle. Le ciel y devient espace spirituel, champ d’élévation et de projection intérieure ; la terre, surface rationnelle, lieu de l’ancrage, de la vie matérielle et de la mesure.
Ce qui est en haut est aussi en bas. Et c’est à nous, traversés par ces deux forces, de maintenir l’équilibre. Garder le juste milieu n’est pas une immobilité, mais un acte de vigilance. Un ajustement constant entre ce qui élève et ce qui retient. La peinture se fait alors exercice de conscience, rappel silencieux de cette tension fondatrice qui nous constitue.
La vision des paysages de l’artiste varient au rythme des changements du temps : bourrasques, ciels chargés, éclaircies soudaines, vents invisibles mais insistants. Ces états atmosphériques sont à notre image. Ils traduisent nos propres fluctuations intérieures, nos passages de l’agitation à l’apaisement, du doute à la clarté. Le paysage devient miroir, non pas de ce que nous voyons, mais de ce que nous traversons.
Ainsi, « Entre ciel et terre » ne propose pas une destination, mais un chemin. Un lieu de passage où la peinture invite à habiter l’instant, à accepter la coexistence des contraires, à reconnaître la beauté fragile de l’équilibre.
Face à ce paysage suspendu, là où la ligne d’horizon devient miroir, où le ciel et la terre se rejoignent dans un fragile accord, où choisissez-vous de vous tenir ? A quelle vérité intime votre regard, à la fois élevé et ancré, consent-il à s’ouvrir ? » Angela Beneitez





























